Sécurité routière : la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, région la plus meurtrière du Québec

Alexandre Desoutter Alexandre Desoutter  mis à jour le 2021-04-20

En 2019, 333 personnes sont mortes sur les routes au Québec. Certes, ce chiffre a considérablement baissé depuis les années 70. Toutefois, ce sont encore 333 décès de trop dans notre Belle Province, avec notamment certaines régions particulièrement frappées. Analyse.

Les régions rurales plus affectées que les grandes villes

Trop de personnes décèdent encore sur les routes québécoises en 2021. Afin d’évaluer quelles sont les régions les plus affectées par la mortalité routière, notre équipe a croisé les chiffres de la mortalité en 2019 avec les données démographiques de chaque région. Il en ressort donc que :

  • Ce sont les régions rurales qui apparaissent les plus affectées : Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (11,03 tués pour 100 000 habitants), Abitibi-Témiscamingue (10,12) et Bas-Saint-Laurent (10,11) forment en effet ce triste trio de tête, avec des indices supérieurs à 10.
  • A l’inverse, les régions urbaines qui forment la grande métropole de Montréal présentent les indices les plus bas, à savoir : Montréal (1,66 tué pour 100 000 habitants), Laval (2,05), Montérégie (3,48) ou encore Lanaudière (3,49). La région de Capitale Nationale apparaît juste un peu au-dessus (3,59).
RégionsIndice de mortalité routière*Nombre de tués en 2019
Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine11,0310
Abitibi-Témiscamingue10,1215
Bas-Saint-Laurent10,1120
Centre-du-Québec8,0320
Laurentides5,9537
Saguenay-Lac-Saint-Jean5,7616
Chaudière-Appalaches5,3623
Outaouais5,0520
Côte-Nord4,394
Nord-du-Québec4,332
Mauricie4,0711
Estrie3,6412
Capitale-Nationale3,5927
Lanaudière3,4918
Montérégie3,4855
Laval2,059
Montréal1,6634
Indice de mortalité routière par régions (source : données Hellosafe.ca)

Pourquoi les régions rurales présentent-elles un indice de mortalité routière plus élevé que les autres ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les régions urbaines densément peuplées connaissent un indice de mortalité routière plus bas que les régions les moins denses. De fait, malgré la densité de population la plus forte du Québec, la région de Montréal (4 124 habitants au km2) présente l’indice de mortalité le plus bas sur la route. A l’inverse, les 3 régions les plus touchées ont une densité de population inférieure à 10 habitants au kilomètre carré.

Alors comment s’expliquent ces disparités entre régions rurales et urbaines ? Voici des pistes d’explication :

  • Dans les régions rurales, le recours à la voiture est plus systématique, faute d’alternative de transport. À l’inverse, une ville comme Montréal est largement équipée en transports en commun.
  • Les routes sont souvent plus dangereuses dans les territoires ruraux, plus étroites, plus sinueuses, et parfois moins entretenues que sur les grands axes.

Une baisse de 84,9% de la mortalité routière au Québec depuis les années 1970 !

Un regard dans le rétroviseur permet de s’apercevoir que beaucoup de chemin a été parcouru au Québec en matière de sécurité routière depuis les années 70, même si tout n’est pas encore parfait. Ainsi, comme le montrent les tableaux ci-dessous, alors que le nombre de véhicules en circulation a été multiplié par trois entre 1973 et 2019, la mortalité a dans le même temps chuté de 84,9%. Ainsi, plus de 1800 vies sont épargnées chaque année en comparaison avec les années 1970.

AnnéeDécèsÉvolutionVéhicules en circulationÉvolution
197322092 265 471
2019333-84,93%6 697 819195,65%
Évolution du nombre de décès sur les routes contre celui du nombre de véhicules (source : SAAQ)

Parmi les raisons de cette chute de la mortalité routière au Québec de 1973 à 2019, on peut notamment citer :

  • Les résultats bénéfiques des campagnes de prévention menées par les gouvernements successifs, qui ont permis de limiter les mauvais comportements (vitesse, alcool au volant)
  • Le port de la ceinture de sécurité devenu obligatoire
  • L’amélioration de la sécurité globale des véhicules au fil du temps
  • L’amélioration globale de la qualité des infrastructures routières au Québec.

Les jeunes meurent de moins en moins au volant au Québec

Le comportement des jeunes conducteurs est souvent stigmatisé comme dangereux. Est-ce juste ? En 2019, 44 parmi les 333 tués sur la route au Québec avaient entre 15 et 24 ans, soit 13,2%, ce qui constitue un chiffre conforme à la proportion de cette tranche d’âge dans l’ensemble de la population québécoise. À noter que, malgré un pic en 2017, la mortalité routière chez les 15-24 ans est en baisse constante, comme l’illustre le graphique ci-dessous :


A l’opposé, la catégorie des 65-74 ans connait une dégradation de sa situation, avec une mortalité routière à la hausse sur les 6 dernières années : +17,9% en 2019 par rapport à la moyenne de la période 2014-2018, soit le plus mauvais score parmi toutes les tranches d’âge.

L’alcool, de moins en moins responsable des décès sur la route

En proportion, depuis 2008, l’alcool est de moins en moins responsable des décès sur les routes québécoises. En effet :

  • Alors que l’alcool était la cause de 19,6% des décès sur les routes québécoises en 2008, ce pourcentage a chuté de moitié en 10 ans, n’étant plus que de 9,9% en 2018
  • Ainsi, il y a trois fois moins de décès liés à l’alcool sur les routes québécoises en 2018 qu’en 2008 (35 contre 109).
AnnéeNombre de décèsLiés à l’alcoolProportion
200855610919,60%
20095038917,69%
20104887515,37%
20114757816,42%
20124177417,75%
20133926616,84%
20143184614,47%
20153555415,21%
20163384914,50%
20173625214,36%
2018355359,86%
Évolution du nombre de décès liés à l’alcool sur les routes québécoises entre 2008 et 2018

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Antoine Fruchard, Directeur en chef chez Hellosafe.ca

“Les chiffres de la sécurité routière montrent de réelles disparités entre les différentes régions québécoises. À la lumière de l’indice dévoilé par nos équipes, on peut observer que les régions rurales sont relativement plus touchées par les décès sur la route que celles concentrées autour des grandes villes. Si cette donnée est bien connue des actuaires et des assureurs, elle illustre néanmoins le fait que l’absence d’alternative à la voiture dans ces zones créée un surplus de danger pour les conducteurs, parfois mortel hélas. Toutefois, l’évolution des chiffres depuis les années 1970 montre les immenses progrès qui ont été accomplis en matière de sécurité routière, même si chaque personne qui meurt sur la route est toujours un décès de trop.”

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Notre méthodologie

Cette étude est basée sur des données publiques divulguées par le Gouvernement du Québec, la SAAQ et Sureté Québec.

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Alexandre Desoutter
Responsable des relations presse et de la communication